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« Une âme dans un corps, mais qu’est-ce qu’une âme ? » Marie assise dans le coin du café à l’avenue des Champs-Élysées discute avec un ami de son théâtre d’amateurs à Montreuil.

« Toi, tu es une femme, mais quel sexe a ton âme ? » Jean répond en lisant DE L’ÂME d’Aristote. « S’il faut croire Aristote, l’âme n’a pas de sexe. »

« Je n’en sais rien, mais une chose est sûre, j’ai une âme et une identité. » Marie jette un coup d’œil au livre de Jean. « Cela t’a inspiré à écrire ? »

« Oui, je me demande si mon âme est féminine ou masculine, mais c’est tout que je demande. » Jean regarde dans le miroir, un regard sur ses yeux. « Les yeux sont le miroir de l’âme, donc c’est quoi une âme ? »

« Peut-être l’âme n’a pas de sexe, c’est la société qui en a décidé. »

« Sans sexe ? » Jean baisse son regard. « C’est possible, mais comment écrire un texte sur ce sujet ? »

« Mais ce texte-là est tellement vieux, est-ce que tu comprends le sens du texte ? » Marie ferme ses yeux en réfléchissant, ses yeux bleus clairs cachés derrière les lunettes, en les rouvrant elle regarde Jean dans les yeux. « Ben, comment était la société à l’époque d’Aristote ? »

« C’est ça, mais l’humanité est probablement la même, les mêmes questions existentielles posées. » En réfléchissant.

En même temps un homme au comptoir suit Marie avec son regard, un Italien qui aimerait parler à elle. Il boit tranquillement son café en regardant Marie.

Marie l’a vu, un bel homme, mais elle ne s’en intéresse pas, elle suit les réflexions de Jean.

« Donc si l’âme n’est pas sexuée, pourquoi sommes-nous de deux sexes différents ? »

« Cela s’agit de la nature, pour l’accouplement, pour la survie de l’humanité. » Marie sourit, son ami était un intellectuel, mais le romantisme n’était pas son côté fort.

« Mais pourquoi est une femme douce quand un homme est celui qui doit défendre sa famille, le guerrier ? »

« Ah, tu penses à la douceur, mais l’homme a un côté féminin et la femme un côté masculin, puis c’est la société qui décide qu’une femme doive être douce, la mère qui prend soin de l’enfant, un homme que fait la même chose est vu comme un pédophile au regard de la société. »

« Ah, la philosophie, quelles questions existentielles ! »

« Mais la philosophie n’a pas l’ultime réponse sur l’existence humaine ! » Marie en lisant le titre du livre. « L’âme est réelle, mais est-ce que tu as vraiment besoin de résoudre cette énigme ? »

« Toi, tu as toujours été la raisonnable, ton côté germanique, être passionné, je pense que tu n’as aucune passion. »

« Tu en as tort, mais j’aime la nature, c’est ça qui me passionne. »

Jean en lisant son livre. « Tu m’as montré tes photos, tu en es douée, j’aime bien tes photos. »

« Tu vois, c’est ça ma passion. » Marie sourit en prenant une photo de Jean lisant son livre, qui sourit en regardant le réflexe dans la main de Marie.

« Tu as vu l’homme qui te regarde ? »

Marie hoche sa tête. « Bien sûr, mais laisse-le regarder, ça ne me dérange pas. »

« Il s’en va, mais il jette un coup d’œil à toi. »

« Je l’ai déjà vu à une fête de Noël, mais laisse tomber… »

« Tu es une belle femme, mais s’il connaissait ton secret. »

Marie hoche sa tête. « Qu’a-t-il à faire avec ça ? »

« Rien, mais s’il savait… »

« Tant pis dans ce cas-là, je suis comme je suis ! »

« Laisse tomber, on y va ? »

Marie se lève en prenant sa veste de la chaise. « Oui, je pense qu’il faut reprendre la discussion philosophique un autre jour. »

Jean et Marie quittent le café devant Louis Vuitton, ils se séparent, Marie se rend à la place de la Concorde pour photographier et Jean s’est décidé d’aller à Trocadéro où sa mère habite. L’Italien regarde Marie en descendant dans le métro, il n’y osait pas parler à Marie.

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