Dimanche 1 avril 2012 à l’avenue de Flandre, un matin, une femme assise devant une vitrine avec son caddie, une femme qui m’intéresse, ou plutôt la raison de la trouver à la rue. Il en est sûrement une histoire derrière sa vie à la rue. Je m’assois donc à côté d’elle en me présentant. Elle est apparemment contente de parler avec quelqu’un, qui s’intéresse à elle.

Elle a cinquante-trois ans et j’apprends qu’elle est Bretonne, elle a grandi quelques kilomètres de la mer, elle me parle de son enfance, de leurs pique-niques à la plage. Sa mère qui avait préparé les sandwiches et le parasol pour se protéger contre le soleil.

Elle a grandi, devenue adulte, rencontre son homme, son amour, ils s’installent à Paris, dans le dix-huitième arrondissement de Paris où ils vivent jusqu’au décès de son homme, elle n’était pas sur le bail et malgré le fait qu’elle paye le loyer le propriétaire la vire de l’appartement. Elle a travaillé pour quelqu’un qui a promis de faire un contrat, de réguler la situation, qui ne tiendra pas sa parole.

Elle a quatre enfants, quatre filles qui ne voient pas sa mère, elle a des photographies de ses enfants, et cela fait mal à son cœur de voir les photographies. D’après Jacqueline elles ne veulent pas voir leur mère. Jacqueline a gardé sa dignité, même si elle a commencé à picoler.

Je trouve que Jacqueline est drôle, mais derrière la rigolade elle est sérieuse. Même si Jacqueline accepte sa situation, c’est une injustice de la trouver dans la rue. Elle me parle aussi des deux chiens noyés dans le bassin de la Villette. « C’est dégueulasse ! » Répète-t-elle souvent, mais elle est contente de m’en avoir parlé.

J’ai aussi écrit une histoire d’une femme à la situation de Jacqueline, me voilà, je l’ai rencontrée dans la vraie vie, la femme que j’ai décrite dans mon histoire fictive.

J’ai pris deux photographies d’elle, j’aime bien avoir un souvenir d’elle, un visage de l’histoire de la vraie vie. Mais je veux faire beaucoup plus pour elle, mais qu’est-ce que je peux faire ?

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