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UN SECRET NOIR

Maria Thunholm

Marianne Svensson se promenait tout au long du quai de Södermalm, son dalmatien courut autour d’elle, le soleil réchauffait le lac Mälaren ce dimanche matin, l’été fut chaud et il y eut du vent qui rafraîchit les Stockholmois.
– Rocket, vient ici. Il est temps de rentrer.
Rocket, son jeune dalmatien, avec son odorat avait découvert quelque chose à côté des escaliers.
– Qu’as-tu trouvé ?
Marianne habillé en jean et un pull, des baskets de la marque Nike, ses lunettes à vue d’un modèle classique. Elle jeta ses longs cheveux bruns sur ses épaules et ses yeux marrons cherchèrent ce que Rocket jouait avec. Elle s’approcha et découvrait un pistolet, un peu raillé, un vieux modèle, mais Marianne ignora la marque.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
Une vielle SAAB 95 s’arrêta au feu, un jeune homme jeta un coup d’œil à la direction de Marianne et Rocket, il suivit Rocket avec son regard. Puis il repartit à la direction de Långholmen, à l’ancienne prison transformé en une héberge de jeunesse où sa petite amie l’attendit. Marianne lui regarda, mais rien n’y semblait étrange avec lui.

Dans le quartier Maria sur la rue Hornsgatan un homme habillé en noir marchait tranquillement à la direction de Skanstull, il vérifia si le pistolet que son ami l’avait  donné était dans sa poche.
– Merde, je l’ai perdu.
Il se retourna à la direction du lac Mälaren et s’apprêta à redescendre les escaliers quand il aperçut la présence d’une femme d’une quarantaine avec un dalmatien qui eut trouvé un pistolet aux pieds des escaliers.
– Madame, celui-là m’appartient, mais je vais le récupérer.
Il vit la femme appeler quelqu’un, il s’est dit qu’il fallait l’empêcher.
– Vous me le rendrez, malgré votre chien.
Les ombres des maisons jouèrent sur lui quand il redescendit les escaliers, il y courut et le dalmatien se rendit compte de sa présence, qui se mit à une position défensive.
– Je déteste les chiens…
Il s’approcha de la place où la femme se tourna vers lui en regardant son visage, une cicatrice remarquant sur sa joue droite. Une voiture arriva de Hornsgatan, en descendant la rue, une voiture de la police suédoise, une VOLVO V70, il se retourna donc pour remonter les escaliers en courant.

Marianne suivit l’homme avec son regard en attendant une voiture s’arrêter, un homme parla au microphone en décrivant l’homme qui courut. L’autre s’approcha de Marianne, un jeune policier.
– Bonjour Madame, vous avez appelé la police ?
Il ressemblait à James Dean, il parla à mi-voix.

– Bonjour, je viens de trouver un pistolet, ou mon chien l’a trouvé.
Elle jeta un coup d’œil à la direction de l’homme mystérieux et le policier qui tenta de le suivre.

– Il vous a vue ?
James, que Marianne appela le jeune policier, prit un cahier.

– Il a couru et nous nous regardions un court instant.
Marianne vit le collègue au policier redescendre, mais elle se retourna rapidement vers James, qui s’appela Johan Brodén en réalité.
– Il m’a vue à cent pour cent.

Johan jeta un coup d’œil au lieu de la trouvaille, il y vit un porte-monnaie au bord du quai, il mit ses gants en plastique et l’ouvra, il appartenait à un étranger, Ivan Dostoïevski, un Russe.
– Me voilà, un mystère à résoudre. Il faut que j’appelle mes collègues.
Il se retourna vers Marianne, il y réfléchit un moment.
– Avez-vous remarqué quelque chose en particularité ?

Marianne fît signe sur sa joue droite.
– Il avait une cicatrice sur sa joue droite, mais cela peut être du maquillage.

Johan le nota dans le cahier.
– C’est votre métier ?

Marianne sourit.
– Je suis maquilleuse au théâtre Intima.

Johan sourit, il lui étudia soigneusement.
– L’Intima, je suis allé voir une pièce là. Mais vous n’êtes pas maquillée.

Marianne rit en regardant Johan.
– Je voulais y passer un moment avec Rocket.
Elle caressa son dalmatien.
– J’aime le naturel…

– Je vous taquine, mais est-ce que vous avez remarqué d’autres choses.
Johan donna un clin d’œil, il avait le sourire de James Dean pensa Marianne.

– Rien de spécial, sauf la cicatrice, mais un Européen, peut-être un homme d’un pays de l’Est.
Marianne hocha sa tête, elle y essaya de se souvenir de l’homme.
– Des yeux bleus, et il était blond.

– Très bien, vous avez un numéro de téléphone ?
Johan nota toute l’information que Marianne lui donnait.
– Je vous en remercie. N’hésitez pas à nous contacter si vous vous souvenez des autres détails.

– Mais je n’ai rien vu, que pourrais-je vous dire ?
Marianne s’apprêta à partir et tint Rocket en laisse. Johan lui donna un rendez-vous au commissariat pour faire un portrait, elle y rentra chez elle et Johan rejoindra son collègue. Marianne prit la rue pour monter à la rue Hornsgatan, elle habitait près de la place Maria.

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