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Chapitre 8

À la pêche

Markus conduisait sa Camaro avec certitude sur la petite route forestière, il voulut s’arrêter au premier stationnement mais jeta un regard sur Martin et sourit. – Je t’avais presqu’oublié, on se rend à l’autre côté du lac.

Jan lui regarda avec curiosité. – Eh ? Pourquoi tu n’as pris ta Volvo ?

– Elle est au garage, un problème électronique comme d’habitude. Donc j’ai pris ma chérie. Markus caressa le bord comme la voiture était une femme.

Marie étudia les gestes de Markus, un homme passionné de la voiture, mais il ne vit que pour la voiture. Elle regarda le lac et le ciel soudainement clair, il y restait des nuages, mais le temps devint un beau temps. Les montagnes qui entourèrent le lac, la forêt boréale qui couvrit les montagnes rendit le lieu mystique. Puis elle regarda Martin qui suivit la route avec son regard.

Jan se tourna vers Marie. – Tu viens de Södermanland, mais d’où ?

– D’Eskilstuna, donc j’ai aimé les longues promenades dans la forêt et le petit fleuve qui traversa la ville, là où deux hommes originaires d’Allemagne pêchaient.

– Mais on connait Eskilstuna, n’est-ce pas ? Jan regarda son fils dans les yeux, Martin hocha sa tête. – Tu te rappelles des tigres blancs ?

– Oui ! Ils sont beaux !

– Tu sais ce qu’on vous appelle ici ? Markus riait. – *Sörlänning…

Marie l’arrêta gentiment. – Je suis **Sörmlänning, n’oublie pas le M.

– Le conte des milliers lacs, à l’Ouest de la capitale. En fait c’est une belle région, la Suède est un beau pays et l’archipel de Nyköping est magnifique. Markus arrêta de parler et vit un élan traverser la route, il pointa son doigt. – Regarde…

L’élan était un vieux mâle et sa couronne fut magnifique, l’accouplement s’approcha et le mâle s’en apprêta, il s’arrêta quand la voiture s’arrêta et la regarda. Il étudia l’étrange créature en métal sans odeur.

– Il est magnifique, elle est magnifique… Jan pointa à la couronne en s‘adressant à Martin, qui sourit.

L’élan se décidât de continuer à la direction du lac, il partit au milieu du lac en nageant, un excellent nageur et les oiseaux, les cygnes de chanteur, habitués à la présence de l’élan l’ignorèrent, les jeunes cygnes suivirent ses parents.

– Ben, il avait apparemment faim. Markus murmura et redémarra la voiture.

Quelques minutes plus tard ils arrivèrent au stationnement, Jan montra rapidement le fauteuil roulant de son fils, qui prit une planche et glissa lui-même dans son fauteuil roulant. Le vent des montagnes caressa les joues de Martin qui sourit en regardant l’ élan qui nagea au milieu du lac et les oiseaux qui l’ignorèrent. Il mit son sac-à-dos au dos du fauteuil roulant, sur les poignées. Il se rendit au bord du lac en entendant les autres derrière lui. Le vent devint une brise légère et il ferma ses yeux, il s’imagina un aigle qui survolait la terre en cherchant une proie, un vol majestueux. Jan s’approcha de son fils, un père soulagé, il aimait y être avec son fils.

Marie reçut une canne à pêche, simple, elle se souvint de son grand-père qui habitait Järna, au bord de la mer Baltique, un homme qui aimait la mer, la mer l’a pris. Elle se souvint de la pêche en regardant l’île de Mörkö, l’île noire, mais elle adorait passer son temps là, même d’aller manger au restaurant Oaxen un soir d’été, un îlot au Sud de l’archipel de Stockholm, voir les bateaux à voile passer sous un ciel clair, une lumière typique l’archipel, la brise de la mer Baltique qui fît mouvoir sa jupe, très légèrement et en compagnie de son grand-père, son cher papi, qui est décédé il y a douze ans. Puis elle leva ses yeux et vit Markus venir avec sa fille qui sourit, elle avait vraiment un équipement professionnel, Marie vit une fille passionnée de la pêche. Son père avait juste une simple canne à pêche, apparemment elle avait quelques années. – On y est, donc où va-t-on ?

Markus regarda les planches au bord du lac, il pointa et sourit, il parla à mi-voix. – Par là-bas, c’est le seul endroit où Martin peut passer.
Martin avait déjà emprunté le chemin en bois, il connaissait bien ces planches, il roulait vite sur les planches en souriant, son père courut derrière, qui avait du mal à maintenir la même vitesse. Soudainement le ciel était dégagé, il fit beau et le visage de Martin rayonna.

Une heure plus tard Marie regardait Martin qui avait apparemment capturé un gros poisson et Jenny lui donnait des conseils, elle s’apprêta à prendre la canne à pêche de Martin, mais il réussissait de capturer une belle truite qu’il montrait fièrement pour son père. Jenny n’y capturait aucune truite, juste un brochet qu’elle relâcha à l’eau.

Markus se promenait autour du lac, ses bottes en plastique, il marchait à l’eau, en fouillant. Il avait apparemment trouvé quelque chose qui lui inquiétait, sa grimace fut plutôt inquiétante et Marie se rendit à Markus. Il leva son regard en entendant les pas de Marie, il parla à basse-voix. – J’ai trouvé un fusil.

* « Sörlänning » signifie un habitant du Sud de la Suède, souvent de Stockholm, la capitale.
** « Sörmlänning » signifie un habitant du conte de Södermanland, le Sud de la région stockholmoise se trouve au conte de Södermanland. Le troisième lac de Suède touche le Nord du conte de Södermanland.

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