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Chapitre 9

Le fusil

Les deux voitures de la police d’Östersund furent garées à l’entrée du stationnement, sauf la voiture banalisée, une Volvo V60 grise, le commissaire Mattias Jönsson tint la portière dans sa main droite. Un homme de petite taille, bien musclé et un regard clair. Il était jeune pour être commissaire, il avait quarante-cinq ans, blond et ses cheveux étaient mi-longs, il parlait avec son accent de Stockholm. – Bonjour Markus. Que fais-tu ici ?

Markus jeta un regard à Mattias. – On est à la pêche.

– C’est sûr, mais tu le sais, c’est mieux à l’autre rivage.  Un clin d’œil et Mattias sourit.

Markus pointa avec sa main à la direction de Martin. – C’était pour lui.

Mattias lui regarda. – Bien, j’espère qu’il a pu capturer un gros poisson. Il regarda Martin dans son fauteuil roulant. – Pauvre garçon, c’est lui qui était victime de l’accident quand je me suis installé ?

Markus hocha sa tête. – Il est brave.

Mattias ferma la portière et se plaça devant Marie. – Je suis le commissaire Mattias Jönsson, j’étais à côté quand j’ai vu mes collègues y entrer. Normalement ils s’en occupent. Il pointa à la direction des policiers qui placèrent le fusil dans le coffre de la SAAB.

Marie sourit, un sourire mélancolique. – Mais vous en étiez intéressé, puis vous êtes leur supérieur. Forcément vous voudriez en savoir un peu plus.

Mattias étudia Marie, il regarda son appareil photo tenu dans la main. – Vous êtes photojournaliste ?

– Photographe, je fais de photos animalières.

– Ah ! Je vous reconnais, j’ai un de vos livres, magnifiques photos. Mais passons au sérieux. Où avez-vous trouvé le fusil ?

Markus commença à marcher. – Suis-moi, je t’en montre.

Jan s’occupa des enfants, qui pêchèrent, une policière avait déjà pris leur témoignage, elle sut qu’ils n’en savaient rien, elle les laissa donc pêcher. Le temps commença à changer, les nuages commencèrent à couvrir le paysage, les montagnes y changèrent de caractère.

Mattias et Markus furent amis, ils pêchaient souvent ensemble, ils parlèrent de la pêche avant d’arriver à l’endroit où Markus avait trouvé le fusil. Mattias qui était au courant de la chasse illégale n’en disait rien à Markus, certains de ses collègues soupçonnèrent Markus, qui avait des amis chasseurs, mais Markus détestait la chasse, ce que Mattias savait.

En arrivant à l’endroit où Markus avait trouvé le fusil, Mattias étudia l’environnement en murmurant. – On peut passer par cette vallée-là, en plus, c’est là où l’on a trouvé, la carcasse d’un loup.

– Je m’en souviens, il était un article sur le loup. Markus regarda, il connaissait bien les montagnes. – Je suppose qu’il y en a de loups massacrés que nous n’avons même pas connaissance…

Mattias hocha sa tête. – Je sais qui qui s’intéressent à la disparation du loup, en un terme négatif.

Markus jeta un regard à Mattias. – Bien, je suppose que certains de mes amis sont soupçonnés.

Mattias regarda Markus dans les yeux, le regard dévoila que cela fut le cas, mais il n’en disait rien. – Je n’en peux rien dire, tu le sais.

Marie prit quelques clichés sur le lac et l’environnement, que Mattias vit avec un grand intérêt, il parla à mi-voix. – Vous ne pouviez pas prendre quelques photos du lieu de trouvaille ?

Marie hocha sa tête, regarda Mattias qui fit signe avec sa main gauche. – Bien sûr, comme vous voudrez.

Mattias vit un technicien fouiller le lieu de trouvaille qui fît signe à Mattias de venir, le dernier n’en était pas équipé pour marcher à l’eau, mais il descendit comme même et son pantalon devint très sale. Le technicien lui regarda avec surprise, mais il reprit rapidement l’esprit et les deux hommes souleva des os, apparemment d’un grand animal. Mattias fît signe à Marie. – Normalement c’est les techniciens qui prennent les photos, mais pourriez-vous m’aider ? Ils ne sont pas encore arrivés, ils sont sur un lieu de crime.

Marie ouvra ses yeux, parla à basse-voix. – Je suis à votre disposition. Elle prit une vingtaine de clichés qu’elle rendit à Mattias une demi-heure plus tard. Il s’agissait d’un loup et Mattias secoua sa tête en parlant à basse-voix. – J’aime bien le conte, mais cela me dégoutte. Il pointa aux os du loup. – Mais personne ne m’en prend au sérieux.

Marie serra la main et répondit avec inquiétude. – Je pense que je les ai pris en photos.

Mattias qui était en train de s’asseoir dans sa voiture ressortit rapidement. – En photos ? Ils sont pris en photos ? J’en ai besoin pour pouvoir agir…

– Je le sais, l’on peut se voir. Marie lui regarda et parla à basse-voix. – J’ai l’impression qu’il y a de gens qui me regardent avec un regard hostile, surtout un gars qui a une Camaro en mauvais état.

Mattias répondit avec une voix sereine. – Faites-moi confiance, cela restera entre nous. Certains de mes collègues sont contre la présence du loup dans la région, ceci est une question très sensible, et nous qui venons du Sud, n’y sommes pas les bienvenus.

Marie sourit, elle s’en inquiétait, mais elle sentit qu’elle pouvait lui faire confiance. – Je vais vous les envoyer, par courriel.

– Excellent, mais pas mon courriel professionnel, j’aimerais les surprendre pendant une chasse nocturne, et tout le monde peut contrôler ce mail, en cas de décès.

– Je passerai vous voir demain.

– Tiens, prend ma clé USB. Même si je suis le commissaire, ils n’ont pas peur de moi. Je passerai chez Jan, au lieu de vous voir au commissariat.

Marie sourit, elle ressentit la colère chez le commissaire. – Bien, si je peux vous en aider, je veux bien les arrêter.

– Excellent, j’en ai vraiment besoin des preuves pour les arrêter.

– C’est sûr, le ministre de l’écologie du parti centriste n’en fait rien.

– Andreas Carlberg est un idiot d’après moi, il se fout de l’écologie. L’on aura besoin d’un bon procureur, neutre. Sinon des preuves absolues.

Marie parla toujours à basse-voix. – Hein, je ne suis pas policière, ni avocate.

– Et moi je ne suis pas biologiste, mais je m’intéresse à la biologie.

L’un des policiers regarda la scène d’entre Mattias et Marie, il vit que le commissaire donnait une clé USB à Marie. Il fît semblant de l’ignorer, mais il pensait que le maire s’intéressait à cette discussion vive. Le jeune policier originaire de la région, né à Östersund, s’intéressait à la chasse, il sympathisait avec les Sami. Il n’osait pas participer aux chasses que ses amis firent souvent, mais il n’en disait rien, il les avait vus partir tard les soirs.

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