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La fin du périple

Chapitre 21

Voyage à Stockholm

Mattias Jönsson monta le train au quai qui partira d’Östersund, il s’installa sur sa place, regarda la station qui fut ancienne, en bois, même si la nouvelle était ouverte, il préférait l’ancienne station ferroviaire qui était fermée. Il entendit la voix féminine dans les hauts parleurs qui annonça le départ du train, une femme s’installa à la place à son côté, bien habillée et elle sentit bonne, plutôt son parfum. Les doigts de sa main droite s’entortillèrent sur son sac-à-main en cuir. Mattias l’étudia avec curiosité et la femme d’une quarantaine leva son regard, un sourire confondu sur ses lèvres. – Je vous dérange ?

Mattias sourit en regardant les doigts de la femme s’entortiller. – Non, pas du tout, c’est justement… Il regarda les doigts et la femme la vit, il reprit la parole. – J’ai trouvé çà curieux…

Elle rit et lui regarda avec ses yeux marrons, ses cheveux châtaines mi-longs bougèrent, sa minceur fut remarquable. – Juste une mauvaise habitude…

– Ce n’est rien… Vous me rappelez de ma femme, elle avait la même habitude…

– Elle avait ?

– Décédée, un accident, un garçon a failli mourir, mais ma femme est décédée.

– J’en suis désolée…

– C’est la vie… Ne vous inquiétez pas…

Elle regarda Mattias, qui à son tour étudia le paysage, un bel homme avec une tristesse dans son regard, mais aussi une volonté de vivre, de profiter du jour. – Je m’appelle Johanna, et vous ?

– Mattias…

– Mattias… Un don divin…

Mattias en étant souriant répondit. – C’est ça que mon prénom signifie.

– Enchantée, ravie de vous faire connaissance…

Mattias tendit la main. – Enchanté !

Johanna parla de sa vie, de son père originaire du Sud de l’Italie. Elle fait une blague sur la mafia sicilienne, la Cosa Nostra. Mattias la regarda, elle avait ses racines italiennes, elle était si belle.

En arrivant à Sundsvall pour changer de train Johanna était déjà tombée amoureuse de Mattias, ils eussent une discussion vive sur tous les sujets possibles et elle lui trouvait beau. Mattias l’aidait avec sa valise et le vent de la mer fut frais, il souriait en montant le wagon. La haute côté qu’on disait en Suède passa devant la fenêtre, pensait Mattias, même s’il savait que c’était le train qui passait. Un arrêt à Gävle où Johanna devait descendre, elle lui rendit sa carte de visite, elle était directrice d’un organisme de tourisme. Il la suivit avec son regard quand elle se retournait et fît un geste d’adieu, un sourire sur les lèvres, puis un geste pour lui dire de l’appeler et Mattias hocha sa tête. Le reste de son voyage il feuilleta le quotidien Dagens Nyheter, un débat sur la chasse au loup.

« Le loup n’a rien à faire dans nos forêts »

Déjà le titre fut dérangeant et Mattias lisait attentivement l’article, une phrase lui intéressait.

« Stockholm ne fait rien pour nous, nous pensons à nos rennes, mais il cherche à nous en punir. »

– Merde, ils n’en comprennent rien, absolument rien. Mattias murmura et un homme leva son regard, puis il le rebaissa.

Une heure plus tard à la gare centrale de Stockholm Mattias descendit du train et vit l’un de ses anciens collègues attendre à l’entrée principale, qui se tournait vers lui, il marcha rapidement à la direction de Mattias. Les deux hommes s’embrassèrent et Jonas Bergkvist regarda son ami. – Bienvenue à Stockholm, vieil ami, tu nous a manqué.

– Merci, toi et les autres me manquez aussi.
– Tu connais Jenny Dahlén ?

– Oui, elle me détestait et apparemment elle était contente quand je partais pour mon nouveau poste.

– Elle est le nouveau commissaire chez nous.

– Félicitations, mais qu’ai-je à faire avec ça ?

– Elle sait que tu travailles sur le braconnage dans ton district et que tu as des amis ici, elle a tenté de les empêcher de t’en aider.

– Ouais, je le sais, le procureur m’a appelé. Et il a un mandat d’arrêt pour arrêter une certaine personne.

– Qui ? Demanda Jonas avec une grande curiosité. – Pourquoi c’est ainsi secret ?

– Tu le comprendras à demain.

– Ben, je crois qu’il s’agit du loup. Jonas prit la valise de Mattias, il regarda les passagers qui traversent la halle et les échos des pas, au milieu l’anneau, des hommes y discutèrent, un homme d’une cinquantaine était avec un jeune homme. – La prostitution est toujours là.

Mattias jeta un coup d’œil à l’anneau et hocha légèrement sa tête. – Mais que peut-on faire ?

– Rien sans preuves, mais oublions cela. Tu veux prendre un café ?

– Ben, le café devant le musée de Nobel est toujours là ?

Jonas hocha sa tête et regarda les derniers rayons de soleil. – Oui, on y va.

Jonas qui habitait à l’île sud dans les quartiers de Maria plaça la valise au coffre et ils montèrent dans la voiture, une Volvo V40, ils allaient à la vieille ville et Jonas trouvait une place devant le palais royal de Stockholm, ils descendirent de la voiture et la brise de la mer Baltique caressa les joues de Mattias, un froid pénétrant, le froid à Östersund était au moins supportable. En arrivant à la grande place, devant les quatre-vingt-six pierres blanches qui témoignèrent des quatre-vingt-six hommes tué par le roi danois et le musée de Nobel sur la droite, les stands de Noël y étaient, vides, mais les fêtes de Noël s’approchèrent. Ils traversèrent la place et entrèrent au café, il fut noir dehors et les lanternes allumèrent la place. Le café qui était un ancien café qui gardait le style de l’ère de Gustav Wasa était le même constata Mattias en souriant. Ils y restèrent une heure en parlant de leurs vies, puis ils partirent et Jonas conduisait son ami chez lui, il avait préparé la chambre de son fils, qui étudiait à Paris, à la Sorbonne. Mattias et Jonas burent un whisky, un nouveau de Suède, puis Mattias s’allait dormir dans la chambre de John; le fils de son ami, les planches de Queen étaient toujours là. Il s’endormit en regardant l’écluse.

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