Mots-clefs

, , , , , , , , ,

Chapitre 23

Mattias se réveilla par les bruits de la cuisine, et le lac Mälaren fut couvert de la neige, quelques pêcheurs furent installés près de Söder Mälarstrand, pas loin de l’écluse. Il regarda une voiture de la police passer, le trafic en ralenti l’étonnait. Le ciel fut blanc, et là son téléphone sonna, Martin parla d’un ton soulagé et Mattias eut un sourire, soulagé que Marie s’est réveillée. – Très bien, mais qu’ont-ils dit ? Elle est paralysée ?

– Oui, la colonne vertébrale est touchée, mais elle a survécu.

– Vous avez parlé avec elle ?

– Ce matin, et c’est le maire qui a tiré sur elle. Martin parla d’une certitude, il affirma que le maire était un ami proche au ministre de l’écologie Andreas Carlberg. – Elle va plutôt bien, mais elle en est triste.

– Normal, à la veille elle courut et le lendemain collée à un fauteuil roulant. Mattias vit son ancien collègue venir et sa femme s’asseoir dans la cuisine. – Mais il est l’heure du petit déjeuner ici, je t’en remercie, je reviendrai dans trois jours.

Martin lui expliquait qu’il allait voir le procureur d’Östersund et souhaitait une bonne journée. Mattias s’habilla rapidement en une paire de jean et un t-shirt et rejoindrait son ami.

Karin, une belle femme de quarante-sept ans d’Östersund, regarda Mattias entrer en souriant. – Bonjour, quoi de neuf de chez moi ?

– Bien, que veux-tu que je te dise ? Mais ça roule…

– Comme d’habitude alors ? Karin qui parla avec son accent d’Östersund souriait. – J’entends que tu as appris à parler mon jargon.

– Peut-être, et j’ai des amis là. Jamais plus Stockholm, autant que je sache. Mattias jeta un regard à la table, un paquet de Corn Flakes, du lait et du pain céréale, du beurre. Les sachets de thé de Lipton et la cafetière fit bruit, les gouttes du café qui tombèrent. Un gnome à la fenêtre témoigna du premier avent, les bougies sur la table entourées d’une neige artificielle dans un bougier.

– Est-ce que tu as d’ennemis qui te menacent ? Jonas changea de sujet.

– Que crois-tu ? Mattias fit un geste incompréhensible. – Je croyais que le braconnage était un simple cas, mais il y a de gens qui sont tués.

– Et une femme qui a survécu une attaque…

– Vous la connaissez tous les deux, Marie Johansson, la photographe animalière…

– Elle ? Comment va-t-elle ? Demanda Karin, un regard curieux.

– Ben, le maire impliqué dans le braconnage a tiré sur elle, mais elle a survécu, par contre elle est paralysée suite à l’attaque. Elle est mon amie… Mattias regarda une voiture mal garée à la place de Maria. – Mais d’après mon collègue elle va bien.

– Pourquoi elle… commença Jonas sans achever sa question.

– Parce que c’est elle qui a découvert ces personnes en photographiant les animaux, puis on l’a menacée, son chalet est incendié, plutôt brûlé.

– Ben, je te comprends mieux. Jonas étudia Mattias qui referma ses poignées. – Compte sur moi !

Deux heures plus tard au commissariat central sur l’île Kungsholmen, Jonas parla avec ses collègues dans le coin café et Jenny Dahlén entra en voyant Mattias Jönsson, la rage en elle fut visible dans ses yeux. Elle marcha rapidement vers lui, en parlant d’un ton sec. – Et que fais-tu à Stockholm ?

Mattias la regarda, elle était belle, mais il la prit pour une femme fatale et elle avait été amoureuse de lui, mais il l’avait reposée et elle ne le supportait guère. – Bonjour d’abord…

– BONJOUR ?! Tu es à Stockholm, CHEZ MOI, donc que fais-tu ici ?

– Je suis là pour de parler avec le procureur, qui souhaitait me voir et c’est sous une autre juridiction.

– Ah, ton loup. Ne sois pas bête, cela ne cessera jamais.

– Que sais-tu à propos ce sujet-là ? Je pourrais t’obliger de venir à Östersund pour un interrogatoire. Mattias eut un sourire sur ses lèvres.

– Je suis commissaire de Stockholm, oublie ça !

– Et moi, le commissaire d’Östersund, que tu le sais.

– Ben, tu ne résoudras jamais ton affaire et oublie le ministre.

– Comment savais-tu que j’allais parler au ministre ?

Jenny tremblait de colère, elle sut que le procureur que Mattias allait voir était le procureur de l’état, au-dessus de sa juridiction. – Très bien, ne compte pas sur mon aide.

Mattias vit les policiers se tourner vers eux, il fit geste, la plupart des policiers souriaient. – C’est toi qui avais parlé à nos supérieurs qui ont décidé de me donner le poste du commissaire d’Östersund, tu voulais qu’ils me renvoient, mais il m’avait muté. C’était insupportable pour toi et je te félicite…

Karin ne disait plus rien et partit pour son bureau, pourtant elle était connue pour être une bavarde, un beau parleur au féminin, mais Mattias était le maître de la parole entre les deux, et pourtant elle l’aimait toujours. Une fois dans son bureau elle appela le secrétaire du ministre, qui lui expliquait que le ministre serait dans son bureau à partir de quatorze heures, qui serait d’abord au palais de justice. Karin jetait le téléphone sur son bureau, elle savait que Mattias était sur le trajet, elle l’avait vu partir avec Jonas et une policière, elle veuille que cela soit une histoire passée, mais elle n’eut guère choix et ces deux policiers devaient accompagner Mattias à Stockholm.

Au palais de Justice, Mattias assis aux côtés du ministre de l’écologie, Andreas Carlberg, qui semblait être calme, mais son regard démontra une nervosité. Le procureur, un homme de cinquante ans, né à Sundsvall, Markus Wallén, avait expliqué la raison de la présence du ministre.

Mattias se tourna vers lui, il parla d’un ton sérieux. – Donc vous en êtes au courant, mais comment expliquez-vous que votre nom figure dans mon enquête ?

Andreas baissa son regard en murmurant. – Je suis le ministre, j’ai des contacts.

– Oui, mais comment peut-on trouver des balles de votre fusil sur les lieux de braconnage ? Mattias lui regarda fort.

– Je suis obligé de protéger la faune sauvage…

– Bien sûr, mais votre absence me semble étrange, car à chaque fois qu’un braconnage a eu lieu vous étiez absent, et surtout vous avez rendu visite au maire d’Östersund. Markus feuilleta le rapport de Mattias et une lettre de l’Union Européenne, de la commission de l’écologie.

– On est amis, et que voulez-vous que je dise ? Appelez-le pour le vérifier. Le ministre regarda Mattias avec colère.

– Je suis désolé, il est en fuite…

– En fuite ? Andreas leva brusquement ses yeux. – Qu’a-t-il fait ?

– Il a tenté de tuer une femme. Mattias parla d’un ton sec.

– Mais ça n’a rien à voir avec le braconnage… Andreas n’acheva pas sa phrase.

– Au contraire, c’est elle qui a photographié les braconniers, parmi ses photos on a fait une incroyable découverte. Mattias sortit une photo du dossier et la plaça devant le ministre.

Andreas étudia la photo prise cet été, sur la photo il voyait son propre visage et il portait un fusil et le fils du maire portait la peau d’un loup. – Très bien, c’est qui ?

– Vous n’en avez rien à dire ? Markus étudia le ministre qui secoua sa tête. – Très bien…

Mattias se leva et s’adressa au ministre. – Je crois que vous avez un appel à faire au ministère de l’écologie, puis rendez-vous au commissariat, je vous arrête pour la chasse illégale au loup.

Andreas resta silencieux et se leva. – Très bien, j’assume mon crime, mais l’affaire ne cesse avec moi que vous croyez…

– Je n’y crois rien, j’y suis pour faire mon travail et vous voilà, c’est tout. Faut-il mettre les menottes ou vous me suivez sans histoire ?

Jonas et sa collègue y entrèrent, ils prièrent au ministre de les suivre, ils le menèrent à la voiture et il partirent quand Mattias arriva après une discussion avec le procureur, en parlant au téléphone, il parla au secrétaire du ministre et expliqua qu’il avait arrêté le ministre. Puis ils quittèrent le lieu pour le commissariat.

Publicités