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Préface :

L’histoire est inspirée d’une histoire vraie, mais quand je n’ai pas tous les détails. Il s’agit d’un vieil homme qui a raconté son histoire dans un hôpital de Stockholm, un Suédois qui a battu aux côtés des alliés.

Chapitre 1

J’écoutais à ce que le vieil homme avait à dire, là dans la cafétéria de l’hôpital et il était en bonne santé pour ses quatre-vingt-quinze ans. On avait conduit sa femme à l’hôpital pour un examen et mon collègue était parti pour préparer l’ambulance et nous devions attendre à la fin de l’examen pour reconduire la femme à la maison. Donc le vieil homme me regardait, il avait besoin de parler et il en a parlé. Je vais y parler comme c’était lui qui vous parlait, je ne sais pas parler autrement, puis la Normandie est une région que je connais, donc ce qu’il me racontait là à Stockholm à la fin des années mille-neuf-cents-quatre-vingt-dix à la fin de l’après-midi, et il en a parlé. Voici son histoire.

Les vagues frappèrent les navires et la barge, la nôtre, on était une trentaine de l’infanterie sur la LCVP, j’ignorais la signification, mais la planification de Neptune avait été un grand secret pour nous, mais là la phase Overlord commencera pour nous dans quelques heures, les bombardements avaient duré toute la nuit et nous n’étions pas très loin de Calvados. Les nuages m’inquiétèrent et les Allemands tirèrent sur nos avions, un parachutiste avait disparu à la Sainte-Mère-l’église, que je croyais. Il y eut de moments silencieux, seules les vagues firent de bruits, j’avais le sentiment que mon cœur allait quitter ma poitrine. Les falaises furent visibles.

– Hein, le Suédois, que penses-tu ? Un soldat noir me parla, plutôt pour s’en calmer.

– Moi ? Je ne devrais même pas être là…

– T’es pâle, ça se voit même dans le noir.

Je me tournais vers lui, sa façon de parler m’amusait, mais je suppose que mes expressions suédoises lui amusèrent. – Ne parle pas du troll…

– Du troll ?

– Du loup, vous dites ne parle pas du loup… Je transpirais fort, malgré les eaux qui me frappèrent.

– Merde, on y est… Loin du Minnesota…

– Ben, mon pays n’est pas si loin d’ici.

– L’Europe n’est pas un pays, une nation ?

– Assez bavardé… Je lui regardais, son regard était clair. – La Suède est un pays, tout comme la France.

Il rit son rire fou de nervosité. – Il y a de Suédois avec les Allemands ?

– Possible, je coure un risque de tuer mes compatriotes… Et ces vagues infernales qui me rappelèrent des côtes, un bruit du ciel, un avion tomba.

– N’hésite pas à les tuer, ici ils sont tes ennemis… Un autre soldat originaire de New York, un descendant d’une famille suédoise. Je m’appelle Lars, et toi ?

– Jörgen…

– Comme Jürgen…

Je lui étudiais là, un sourire plein de curiosité et de nervosité. – C’est ça ! Mais mon deuxième prénom est Nils… Je me demandais s’il m’avait entendu.

Lars regarda le ciel nocturne. – Donc Nils, que fais-tu ici ?

– Je n’en sais rien, je voulais quitter l’Europe, mais en arrivant à New York on m’avait arrêté, guère le choix, l’armée ou la prison…

– Donc tu as choisi la mort certaine… Lars rit, mais son regard montra sa peur.

– Il y aura de morts des deux côtés… Je parlai à basse-voix, mais Lars m’entendait, qui hocha sa tête.

Puis un long silence, on arriverait avant la haute marée aux plages, personne n’y osait même pas en parler. Je n’oublie jamais les bruits des vagues, de ces nombreuses barges de différents modèles qui servirent à l’embarquement. La peur qui montait en moi, je tremblais de peur, mais d’y regretter était trop tard. Je n’arrivais même pas à voir que la nuit devint un matin, car quand les Allemands commencèrent à tirer sur nous mon instinct de survie m’avait pris dans ses mains. Mon seul but était de survivre l’embarquement ce jour-là, le jour J qu’il disait le six juin mille-neuf-cents-quarante-quatre. Et je ne me souviens pas des visages, même pas de combien de soldats allemands que j’ai tués, seulement des fragments de ce jour-là. On était près de Calvados, et l’artillerie allemande tirait sur nous, là sur la plage sanglante, Omaha Beach, on était parmi les derniers d’arriver à la plage.

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