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Le guide des morts

Maria Thunholm

Chapitre 1

Le jour où tout a commencé était une belle journée ensoleillée, et je me promenais au bord de la Seine ce matin, je me profitais du soleil, un ciel dégagé et je montais le pont de l’Archevêché en regardant la fameuse cathédrale, Notre Dame de Paris, je n’étais même pas catholique, mais j’appréciais ce monument-là. Au niveau de l’institut du monde arabe j’entendis un bruit d’une voiture qui roulait à haute vitesse, le chauffeur était un homme, après j’entendis les sirènes des voitures de la police. La Volvo était blanche nacre, le modèle était un V60, je m’arrêtais à côté des bouquinistes, puis je m’approchais du pont et commençais à le traverser, je pensais que j’y serais en sécurité, mais j’entendis les bruits des freins, puis en me retournant je vis la voiture s’approcher de moi, le chauffeur fonça sur moi, comme il ne me voyait marcher. Je me souviens de son regard vide, mais le choc n’est qu’un souvenir d’une forte douleur et les cadenas furent les derniers que j’ai vus dans ma vie, sans me rendre compte, je mourus, mais j’étais debout et les passants traversèrent mon corps. – Que faites-vous ? Demandai-je. Personne ne me vit, pourtant j’étais là, bien un être présent et les clochers de la cathédrale commencèrent à sonner, mais personne ne l’entendit.

Je vis la voiture sur le toit et le chauffeur inconscient, les policiers appelèrent au secours, un policier s’asseyait aux côtés d’une femme, et cela me surprit, car cette femme-là fut moi. Il parla à mi-voix en contrôlant mon pouls. – Elle est morte, rien à faire…

Je m’approchais de lui, un bel homme de trente ans. – Mais non, je suis là, vous m’entendez ?

Il leva sa tête et ses yeux bleus clairs vers moi, un regard triste, il se mit en colère. – Cet homme a tué une femme, merde ! Il n’en vaut rien… cria-t-il très fort.

– Mais vous ne m’entendez pas, vous ne me voyez même pas… Que se passe-t-il ? Puis je vis les sapeurs-pompiers arriver et ils s’arrêtèrent, quelques-uns tentèrent de me sauver en vain, je n’y sentis rien. Les autres libérèrent l’homme inconscient de la Volvo sur le toit, il fut vivant.

– Vous n’avez rien à faire ici… Un homme apparut à côté de moi, qui me voyait, habillé en une tenue religieuse. Son regard fatigué, mais il souriait.

– Veuillez m’expliquer de ce qui se passe…

– Vous êtes élue…

– Mais de quoi parlez-vous ? Je lui étudiais, un prêtre, je le reconnus d’une vieille photographie, mais je ne me souvins de son nom que de son visage.

– Suivez-moi ! Il fit un geste et je me décidais de lui suivre. Il traversa le jardin et en allant à travers les grilles, les enclos, et moi je fis le même sans difficulté.

– Suis-je un fantôme ? Demandai-je à l’homme qui s’arrêta.

– Non, je vous le répète, vous êtes l’élu. Il souriait un sourire mystique, puis il entra par la porte que les prêtres empruntaient.

Je m’arrêtais. – Mais je ne suis pas catholique…

– Si, vous êtes catholique, mais vous ne vous en rendez même pas compte… il ressortit et m’obligea à entrer dans un local qui était typique pour une cathédrale, un prêtre lui traversa et mon nouvel ami qui s’arrêta soudain. – Si vous voulez, on pourrait se rendre à un endroit que vous aimez. Puis il ne dit plus rien et traversa l’intérieur de Notre Dame de Paris, un livret d’or sur ma droite et la hauteur fut toujours impressionnante, puis il s’arrêta devant une porte que je n’aie jamais vue, il l’ouvra et passa par la porte et je fis le même.

– Mais où suis-je ? Je regardais les vagues qui frappèrent les rochers et l’endroit fut chez moi.

– Je pense que je peux te tutoyer… et c’est beau chez toi !

Je restais muette face à la mer Baltique, derrière moi la porte restait ouverte et je vis l’intérieur de la cathédrale. Je vis le petit port sur ma gauche, loin de moi et les câbles du vieux ferry, un homme resta sur un rocher, assis et je lui reconnus c’était un ami à moi, sa canne de pêche dans la main, un regard d’un rêveur comme d’habitude. Il jeta un regard à ma direction, un regard troublant, il ne me vit pas, mais il ressentit ma présence. – Tu es donc décédée, tu me manqueras… murmura-t-il.

– Ton ami est sensible à ta présence, mais il n’est pas l’heure pour lui. Un sourire mystique.

– Mais je ne comprends toujours… je n’achevais pas ma phrase.

– Ton nouveau rôle, encore ce mystique sourire, tu seras un ange.

– Moi ? Un ange ? Qu’ai-je fait pour devenir un ange ? Ma voix aigue lui surprit.

Il me regarda. – Bien, on s’assied… Nous nous assîmes sur un rocher. – Mais tu ne reviendras plus jamais ici, tu resteras à Paris et tu seras l’ange qui emmènera les victimes à leur paradis, et les criminels, un soupire, tu verras. Il se pencha vers la mer Baltique. – Pardon, j’aurais dû me présenter, je m’appelle, ou plutôt appelais Jean-Christophe Barbier.

– Moi, Marie Johansson, mais je suppose que tu le sais déjà.

Il souriait avant de reprendre la parole. – Marie de la mort, oublie la mauvaise signification de la mort. Tu apprendras et je t’accompagnerai, mais j’ai envie d’y rester, au moins un moment.

– Bien, tu veux visiter les lieux… Je souriais à mon tour. – Afin de pouvoir visiter ma famille une dernière fois.

– Montre-moi, j’ai hâte…

Et j’étudiais le ciel bleu, quelques nuages, et la brise caressa mes joues ce beau jour, j’avais envie d’aller voir ma mère.

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